L'union L'ardennais

 Ardenais

Michaël Gregorio, surdoué de l’imitation et de la chanson

Lors de votre venue il y a un an à Sainte-Ménehould vous étiez en plein rodage de cette tournée. Qu’est-ce que l’on va voir de différent sur la scène du Capitole ?

Plein de nouvelles voix comme celles de Coldplay, Lenny Kravitz, Indochine, Freddie Mercury… Le spectacle est en constante évolution. C’est le fait d’être en live qui permet ça. Il y a quelques jours par exemple, il y avait une jeune fille au bord de la scène qui portait un tee-shirt de Metallica. Elle est montée sur scène et on a chanté ensemble un morceau de ce groupe. Ce qui fait la force de ce spectacle, c’est aussi d’être accompagné de vrais musiciens. Cela fait sept ans que l’on tourne ensemble. Pour deux d’entre eux, d’ailleurs, je les ai rencontrés dans mes spectacles lorsque je vivais près de Châlons (voir encadré). Ils jouaient dans un orchestre et on se croisait de temps en temps.

Comment vous est venue l’envie de monter sur scène ?

J’ai découvert la scène en troisième, lorsque j’étais à Étain dans la Meuse. J’ai intégré ensuite la troupe de l’option théâtre du lycée. Je me souviens que l’on jouait une pièce de Brecht et je me suis dit : «  Plus tard je veux faire de la scène, être comédien.  » Ça a vraiment été le déclic. En plus j’avais déjà cette passion pour la musique. Au final, aujourd’hui, je me retrouve à faire le mélange du théâtre et de la musique.

Le théâtre et la musique c’est une chose, l’imitation une autre. Comment avez-vous « glissé » vers ce domaine ?

Je me suis rendu compte au lycée que je pouvais modifier ma voix, la transformer, la composer, la tordre, la faire sonner différemment. Ça, je l’ai vraiment découvert au théâtre, pas avant, en essayant de jouer des rôles différemment. À côté de ça, j’étais fan de Nirvana, Radiohead. Pour faire marrer mes camarades de classe, je m’enregistrais en chantant à la manière de Kurt Cobain ou Thom Yorke. Mes copains m’ont poussé à développer ce « talent ». J’ai eu ensuite la chance de faire sur M6 une émission qui s’appelait Graines de star. Je devais avoir 16 ans et demi. C’était tout récent l’imitation pour moi et pourtant ça a marché.

Outre Graines de Star, votre rencontre avec Laurent Ruquier en 2005 marque une étape importante dans votre carrière…

Il est le producteur du spectacle. J’écris et je mets en scène avec Arnaud Lemort et Laurent nous file toujours un petit coup de main à l’écriture, des idées. Il vient régulièrement voir le spectacle en tournée.

Comment travaillez-vous vos voix ?

C’est un peu au cas par cas. On ne peut pas dissocier travail vocal et travail du corps, de la création et de l’écriture. Le travail vocal c’est une chose. C’est vrai qu’on a l’impression, quand on parle d’imitation, que c’est le plus important. C’est faux. Je n’ai jamais la voix de quelqu’un d’autre. On tend toujours vers quelque chose, on essaye de se rapprocher mais on ne l’atteint jamais. Et puis c’est un travail très subjectif, toujours par rapport à l’histoire qu’on a avec l’artiste. La justesse de l’imitation, ce sont vos oreilles qui vont la faire. Après on se demande qu’est-ce que l’on fait de cette voix. Il faut parfois créer des personnages, parfois juste rendre des émotions ou alors créer une caricature, même aller au-delà. Le spectacle ce n’est pas une succession de voix, de chansons. Il faut que l’on s’amuse et que l’on détourne.

Quelles sont les imitations que l’on vous réclame le plus souvent ?

Il y a la guitare, Brel, Piaf, Ray Charles qui reviennent souvent. Christophe Maé aussi, même s’il n’est pas dans le spectacle. Il était à Ménehould mais on ne l’a pas reconduit.

Quelles sont celles que vous aimez particulièrement ?

Moi je ne vais pas aimer une imitation, je vais aimer un artiste. J’aime beaucoup Brel, Ray Charles, Depeche Mode, Billie Holiday. J’aime aussi m’arrêter à la fin en me jetant sur le public !

Y a-t-il des voix que vous n’arrivez pas à attraper ?

Bien sûr. Parfois c’est un travail qui peut prendre des années. Parfois vous n’avez pas la voix mais un texte, quelque chose qui va porter une idée, et on peut compenser avec ce travail-là. Et puis parfois, vous n’arrivez pas tout simplement. En ce moment j’aimerais bien attraper Stromae, Lady Gaga, Gainsbourg qui était d’ailleurs sur la tournée de rodage et que l’on a arrêté.

Samedi 23 novembre, 20 h 30 ; le Capitole, Châlons-en-Champagne (COMPLET). Le DVD de la tournée est disponible depuis le 12 novembre.

 

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