Le figaro

Lefigaro2012

Michaël Gregorio sur la bonne voix

Dans son nouveau spectacle, En concertS, l'imitateur surdoué détourne avec talent les tubes de Piaf, Aznavour, Christophe Mahé, Michaël Jackson ou Phil Collins.

Pas grand, mais vaillant, fluet, mais pêchu: Michaël Gregorio, 28 ans, se présente en «Petit Corps Valide», clin d'œil à l'artiste Grand Corps Malade qu'il parodie dans un slam truculent. Dans son nouveau spectacle, En concertS, l'enfant prodigue de l'imitation ressuscite Brel, Piaf, Louis Armstrong et Billie Holiday, détourne les Black Eyed Peas et Nirvana, se moque (gentiment) des BB Brunes et de Mylène ­Farmer, imite plus d'une cinquantaine de voix. «Je joue avec les codes du concert», signale l'artiste. Prodigieux.

Mais c'est «presque par hasard» que Michaël Gregorio, né à Mulhouse, a désormais son nom en haut de l'affiche. Au lycée, il se découvre deux passions: le théâtre et la musique. Il est fan de Radiohead et rêve de chanter comme Kurt Cobain. Le bac en poche, il commence des études de droit et, en parallèle, joue dans des cabarets. En 2001, à 16 ans, l'imitateur est l'heureux gagnant de l'émission «Graines de star» sur M6. Très vite, il s'illustre aussi dans «Les Coups d'humour» sur TF1, avant sa rencontre avec Laurent Ruquier, qui produira son premier spectacle en 2006. «Je m'amuse à explorer les différents résonateurs de ma voix», explique son poulain, dynamisé par le trac. Depuis ses débuts, Michaël Gregorio travaille d'arrache-pied avec la même équipe. Outre les techniciens et le génial auteur ­Arnaud Lemort, les quatre musiciens, Nicolas Caumon, Étienne Guéreau, Franck Ridacker et Sylvio Marie. «Ma seconde famille, la complicité se devine sur scène», estime le virtuose, à raison. Ce «ténor anxieux» en est à son troisième spectacle. En ConcertS, où il alterne rap, opéra et jazz à la vitesse de la lumière, confirme le talent d'un des meilleurs artistes du moment.

De Dave à Phil Collins, les nouveaux venus

Dans ce nouveau spectacle, Michaël Gregorio s'illustre dans une cinquantaine d'imitations, dont plusieurs sont nouvelles. «J'ai enfin osé Kurt Cobain de Nirvana», confie ce fondu du groupe américain. L'artiste prête aussi avec succès sa voix à Mickaël Miro, Dave, M. Pokora, Shakira, les Black Eyed Peas, Depeche Mode, U2. Enfin, il a appris à jouer de la batterie pour entrer dans la peau de Phil Collins et interpréter le fameux In The Air Tonight.


Laurent Ruquier produit l'artiste depuis 2006: «Un Piaf de l'humour»

Le Figaroscope. - Quand avez-vous repéré Michaël Gregorio?

Laurent Ruquier.- Je l'ai vu pour la première fois au Don Camillo, un cabaret de la rue des Saints-Pères (VIIe). Il est aussi charismatique que Thierry Le Luron. J'ai été épaté par le contraste entre sa petite taille et ses capacités vocales. C'est un Piaf de l'humour! Dans la vie, il n'a l'air de rien ; mais sur scène, il est beau. Ça ne s'invente pas. Il faut le voir pour le comprendre.

Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres?

Il est à part…! Il n'est pas un imitateur parodique de l'actualité politique. Il est à la fois chanteur et musicien, à la différence de Nicolas Canteloup ou Laurent Gerra, qui peuvent improviser une voix dans un talk show sur un plateau de télévision ou à la radio. Michaël Gregorio, lui, a besoin de temps pour répéter, comme un chanteur. Ce n'est pas un amuseur, mais un artiste performeur. Il n'a pas encore acquis la reconnaissance médiatique qui lui est due.

Quel genre de conseils lui donnez-vous?

Depuis le Café de la danse en 2006 et 2007, nous nous sommes fixé une règle: ne pas faire tous les chanteurs «ringards», comme Joe Dassin par exemple, même s'il y en a un peu dans le spectacle. Nous sommes en 2012 et Michaël Gregorio doit refléter notre époque. Il est le premier à avoir imité Radiohead et Nirvana. Il fait aussi Mathieu Chedid ou les BB Brunes. Nous avons aussi ajouté de l'humour au spectacle. Il faut un plus à la performance.

Quels sont ses traits de caractère?

Il est très exigeant avec lui-même, il ne fera pas une imitation s'il la trouve moyenne. Il est professionnel, sympathique et têtu! Mon souhait, ce n'est pas qu'il soit invité dans des festivals d'humour, mais aux Francofolies ou aux Vieilles Charrues. On a eu la chance de faire la première partie de Céline Dion, à ­Bercy…

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