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Ledauphine2012

«Il y a la voix, mais le plus important c'est l'écriture»

MONDORF - Michaël Gregorio sera la tête d'affiche de la première soirée du festival des Saveurs culturelles, jeudi soir à Mondorf.

Que verra-t-on jeudi soir au festival des saveurs culturelles?

Ce sera mon dernier spectacle, «Michaël Gregorio» en concerts. On ne l'a jamais joué au Luxembourg. On avait présenté le précédent en 2011 au théâtre municipal de Esch-Sur-Alzette. C'est le prolongement du deuxième, «Gregorio pirate les chanteurs». On plaisente avec les codes des concerts: la musique classique, le rap, la variété... Le rocker qui se jette sur son public à la fin, quand faut-il applaudir dans un concert classique, qu'est-ce qu'une voix autotunée. On parle de clichés, il y a des rencontres improbables entre plusieurs chanteurs, ça passe de Brel à Piaf en passant par Muse, on s'amuse beaucoup.

Vous êtes «en concert»: vous vous considérez comme un chanteur ou comme un imitateur finalement?

C'est un spectacle musical, oui mais c'est d'abord de la comédie. Je ne me considère ni chanteur ni imitateur, car ça rassemble les deux, avec aussi un travail d’interprète et d'écriture. Il y a une contrainte vocale, mais seule, elle ne mène à rien, aucune émotion, aucun rire. Le plus important, c'est l'écriture, la comédie.

Vous avez des retours des chanteurs «pris pour cible»?

C'est un risque à prendre. J'en croise dans certaines émissions mais ils restent polis. En réalité, je n'ai pas leurs voix, je n'ai que la mienne et c'est une suggestion pour l'oreille du public. Une personne pourra y croire et la personne d'à côté la trouvera ratée.

D'accord, vous n'avez qu'une voix. Combien de personnages intérprétez-vous sur scène alors?

Une cinquantaine dans le dernier spectacle. Avec ce spectacle, il y a eu un gros travail vocal pour en avoir des nouveaux, comme Shakira, les Black Eyed Peas. Mais ce n'est pas que des voix, par exemple avec les Daft Punk, c'est aussi un travail de création, d'écriture...

Shakira, sa voix est déjà très caricaturale...

Oui, c'est clairement un personnage que j'interprète. Heureusement qu'elle ne chante pas comme moi. Je m'amuse avec ces personnages. Et ça marche car il y a un propos derrière.

Votre rencontre avec Laurent Ruquier a été déterminante dans votre carrière.

Très important, ça dure depuis sept ans et il m'a permis d'avoir mon équipe. On n'est pas toujours d'accord sur le spectacle mais on discute et il m'ammène sur des terrains où je n'irais pas forcément. Moi je suis plutôt pour intégrer des chanteurs peu connus. Lui veut voir des chanteurs plus populaires.

Il fait des conseils sur vos choix de voix?

C'est un échange. Par exemple, je ne voulais pas Cabrel ou Hallyday mais il m'a poussé à le faire. Le but, c'est d'avoir un autre angle que celui habituel. On est plus performant quand on travaille sous la contrainte.

Comment vous travaillez votre voix?

Comme un chanteur, comme un sportif. En ce moment, c'est surtout du repos car j'enchaîne les dates, je dors peu et dans le bus, il y a de la fatigue. Mais sinon, quand je bosse une voix, il n'y a pas de règles. C'est beaucoup d'écoute puis d'écriture derrière. Tout dépend ce que je veux en faire: si c'est un hommage, une caricature...

Vous êtes né à Mulhouse mais vous avez grandi à Etain, en Meuse. Vous passez encore par la Lorraine?

J'ai fait neuf ans à Pau et neuf en à Etain. Je n'ai plus l'occasion d'aller en Lorraine car ma famille est dans le sud. Mais quand je repasse à Etain et Verdun, je peux revoir mes amis. J'ai d'ailleurs fait mes premiers pas sur scène au théatre municipal de Verdun. Et Isabellle Nanty, qui est lorraine, m'avait vu à l'époque. Je l'ai croisée récemment et elle se souvenait de moi, j'étais très ému. J'ai de bons souvenirs de cette époque, mais c'est vrai que quand on a l'habitude d'avoir les montagnes et la plage à 45 minutes de chez soi, découvrir Etain, le verglas en hiver et les volets fermés à 16h, c'est dur... Mais les gens sont très accueillant et cette région me manque.

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