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Michaël Grégorio : Voltigeur vocal

Sa tournée, 'En ConcertS', marche si fort qu'elle se prolonge. Habité par les artistes qu'il incarne, Michaël Grégorio réinvente l'imitation et enchante son public. Sur scène, il convoque Brel, Joe Coker, ACDC, Shakira, La Callas, les BB Brunes... Stupéfiant.


Le Journal des Plages (JDP) : Racontez-nous votre enfance et votre rapport au chant.

Michaël Grégorio (MG) : 'Je suis né à Mulhouse mais y suis très peu resté. En fait, je suis originaire du Béarn, même si j'ai vécu ailleurs une grande partie de ma vie, en Lorraine par exemple. Je n'ai pas grandi dans un milieu artistique. J'allais au théâtre avec le collège et au concert avec l'école de musique.

JDP : À quel moment avez-vous compris que vous aimiez chanter et imiter des chanteurs ?

MG : Les ateliers de théâtre au collège et au lycée ont été l'élément déclencheur. Je m'amusais à composer ma voix pour les différents rôles. Cette passion pour le théâtre se doublait de celle pour la musique, notamment l'opéra. J'étais aussi fan de rock, Nirvana et Radiohead. Je ne chantais pas en les imitant, mais plutôt à la manière de... D'ailleurs, je ne connaissais pas Laurent Gerra, j'étais tout petit à la mort de Thierry le Luron (1986). C'est mon entourage qui m'a fait prendre conscience de ma facilité à modifier ma voix.

JDP ! Vous ne faites pas qu'imiter des voix mais vous copiez aussi les attitudes, les mimiques du visage et les postures corporelles d'une manière extraordinaire. Comment travaillez-vous ?

MG : Le travail de comédien est aussi important que celui de chanteur. Il s'appuie sur l'observation puis la réinterprétation. Ce qui me paraît intéressant est la tenue de scène en général, pas uniquement les personnages interprétés. L'imitation pour moi n'existe pas. Il s'agit plutôt de donner l'illusion d'être quelqu'un d'autre, un peu comme un magicien, de faire croire qu'on possède la voix de telle ou telle personne. Quand j'imite Adrien Gallo des BB Brunes ou Christophe Mae, je crée un personnage qui va plus loin que l'original.

JDP : Avez-vous des cordes vocales particulières pour aller si loin, dans les aigus par exemple ?

MG : Elles sont normales, simplement musclées par le travail. Sans parler de don, j'ai une prédisposition à reconnaître les voix. Enfant, j'identifiais très facilement les comédiens de doublage.

JDP : Quels sont vos artistes préférés ?

MG : Pas spécialement des artistes présents dans les spectacles. J'ai toujours été fan de rock, de rock indé, comme Nick Drake, un sound writer anglais des années 1970, mort jeune, qui a laissé un répertoire fabuleux et assez méconnu du grand public, et plus prés de nous Anna Calvi et Jay-Jay Johanson.

JDP : Que ressentez-vous sur scène, habité par tous ces artistes ?

MG : La scène est le dénominateur commun de toutes mes passions. Je suis quelqu'un de timide et réservé. La scène me sert de défouloir, j'y retrouve une espèce d'équilibre pour me sentir bien au quotidien. J'aime être sur scène, c'est mon métier. J'ai besoin du contact avec le public, les techniciens...

JDP : Quel est votre souvenir de vacances le plus marquant de votre enfance ?

MG : J'en ai beaucoup. De Lorraine, nous revenions à Pau chaque été et allions à la plage d'Hendaye. Là, comme tous les mômes je faisais du bodyboard (ndlr : sport nautique avec une planche plus courte que le surf). J'étais impatient de retrouver Hendaye et sa plage de sable fin.

JDP : Quelle est votre plage préférée ?

MG : Toutes les plages sont différentes, j'aime la force de l'océan et ce que dégage la mer Méditerranée. Mais si je devais en retenir une seule, ce serait Hendaye car elle symbolise la plage de mon enfance.'


Texte : © Marilyn Beaufour du Journal des Plages (JDP S31). Crédit photo © Lisa Roze.

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