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Interview de Michael Gregorio pour "J'aurais voulu être un chanteur"

Bonjour Michael Gregorio.

Bonjour.


As-tu le souvenir du lieu où tu t’es rendu compte que tu avais un don pour l’imitation ? C’était où et quand ?

Ça s’est passé à l’époque où j’étais à Verdun, au lycée. Ce sont mes camarades qui m’ont poussé à développer ça. Je ne voulais pas être imitateur. J’avais plutôt tendance à chanter à la manière des chanteurs que j’écoutais. A l’époque, j’écoutais Radiohead ou Nirvana. J’avais tendance à chanter comme Tom York ou Kurt Cobain. Dans ma tête, je ne faisais pas de l’imitation mais des voix. J’ai rencontré un jeune imitateur qui faisait une émission sur M6 qui s’appelait « Graine de Star ». Il m’a dit « essaye de travailler ça, envoie moi un CD, ils cherchent d’urgence un imitateur ». J’étais en plein bac blanc de français. J’ai envoyé un petit CD fait avec les moyens du bord, avec le caméscope de mon père. Finalement, on a envoyé ça et j’ai été pris. Je me suis dit qu’il fallait peut-être travailler tout ça.


Je vais revenir sur le moment où tu réalises que tu as un don. Si je comprends bien, la passion c’est la musique au départ, pas forcement l’imitation ?


Ma passion c’est la musique et le théâtre. Ça résume un peu tout. Je faisais du théâtre au lycée. J’aimais être sur scène. A côté de ça, j’écoutais énormément de musique. C’était un peu toute cette époque de Radiohead et Cranberries. J’étais très rock et un peu grunge.


Est-ce qu’à partir d’un moment, en chantant comme ceux que tu aimais, tu t’es aussi amusé à imiter les professeurs, les amis, la famille ?


Les professeurs sont venus après. « Graine de star » s’est enchainée très vite. Dans ma tête, je n’étais pas encore imitateur, ça n’avait pas encore fait son chemin. Je me souviens que j’avais un professeur d’histoire géo dont j’ai travaillé la voix. Aller à son cours, c’était comme d’aller au spectacle. Il s’appelait Mr Rochette. C’était un one man show pendant une heure.


Il parlait comment ?

Je ne sais plus vraiment. Mais c’était « Monsieur Gregorio, va bruler les planches ». Il était très expansif dans sa manière de donner ses cours. Il prenait le train, il allait souvent sur Paris. Et moi j’allais répéter à Paris. Une fois, ma mère a fait arrêter le train et me disant au revoir, le mec croyait qu’elle voulait monter. Il était dans le train avec moi et il a fait un sketch pendant 20 minutes sur ma mère. « Madame Gregorio courait après le train, ne voulait pas quitter son fils… ». C’était hallucinant.


Est-ce que les profs et les gens qui te côtoyaient à ce moment là te disaient que tu finirais sur scène ?


Non. Pas forcément. A cette époque, il y avait déjà « Graine de star » sur M6. Mais j’étais assez bon élève donc ça se passait bien. Je n’ai pas eu ce genre de réflexion, même si je faisais du théâtre au lycée. Une des profs m’a dit que ma voix ne correspondait pas forcément à mon physique. A 16 ans, j’avais la voix plus grave que maintenant, toute cassée, bien plus rauque. Cette personne, qui s’appelait Nicole, pensait que j’allais faire des voix dans le doublage.


C’est vers 16-17 ans que tu t’es dit que l’imitation c’était du sérieux, qu’il fallait travailler, tenter ta chance ?


Plus vers 17-18 ans, que 16. « Graine de star », je l’ai plus pris comme une opportunité. Je ne le voyais pas comme un démarrage de carrière mais comme une expérience extraordinaire. Passer à la télé, rencontrer des artistes… C’était plutôt ça. Je n’ai pas commencé à travailler de suite. J’ai rencontré David Hardy, qui a été mon manager, metteur en scène, ami, ingé son, ingé lumière, attaché de presse, producteur… C’est l’homme à tout faire qui m’a découvert suite à cette émission. J’ai commencé à bosser avec lui. On faisait des galas, des trucs en village vacances. J’ai commencé à tourner un peu avec lui à l’âge de 17 ans.


Cette passion pour la musique est très intéressante, puisque c’est ce qui nourrit tes imitations. La musique t’accompagne depuis tout le temps ?

Je n’ai pas toujours eu des souvenirs mais j’ai toujours été attiré par la musique. Pourtant mes parents ne sont ni musiciens ni artistes. Je n’écoutais pas de musique classique. Ils écoutaient Elton John, les Beatles, un groupe de country Creedence Clearwater Revival, c’était très large. Je n’ai pas eu un bagage culturel très important en termes de musique. On n’écoutait pas forcément de musique à la maison. Mon père avait une chaine hifi, il avait quelques CD et je les passais en boucle. Très tôt, j’ai commencé à me faire ma propre culture musicale et j’aimais découvrir des artistes.


Tu dis que tes influences vont de Louis Armstrong à Zazie en passant par Massive Attack, M, Mika… Tu aimes tout ?

J’aime tout tant que ça ma touche. Je viens d’acheter le dernier d’Anthony and the Johnsons et le dernier de Morisset. Ce sont deux choses assez différentes. Mais tant que ça me touche, je peux très bien écouter U2, Coldplay, Edith Piaf, AC/DC ou Nirvava, ou de la musique classique, du jazz. Tant que ça me procure des émotions, j’aime écouter des trucs complètement différents.


Tu n’as jamais été tenté d’apprendre à jouer un instrument pour du sérieux, sans imiter ?

Bien sûr. Je jouais un peu de piano et de guitare, mais très modestement. Je ne me considère pas comme musicien ou instrumentiste. Je joue un peu. J’ai voulu faire ça avant de faire de l’imitation. Je compose aussi, j’écris des petites mélodies que je garde. Je le fais généralement pour mes proches, ou juste pour moi.


Il y a une envie d’album ?

Sans doute. Je sais que ça ne fait pas plaisir à tout le monde quand je dis ça mais sans doute. Je ne sais pas. Je me ferais plaisir, mais juste pour moi je pense.


Il y a des premiers passages télé, « Graine de star », « Coups d’humour » sur TF1. Tu commences à frissonner, à te dire que c’est vraiment ta voie ?

Ça a été la suite de « Graine de star » avec David Hardy. Il m’a fait rencontrer Claude Fournet et Gérard Louvin, qui m’ont donné la chance de faire ma première scène à Paris. Ça s’appelait « 90 minutes pour rire ». Je venais juste d’avoir mon bac, j’avais 18 ans. C’était avec Denis Maréchal et Michel Vivacqua. Il y a eu une version spéciale pour les voeux de Bertrand Delanoë, en 2003. On a fait une version « 90 minutes pour rire » à Bercy. Je me suis retrouvé au milieu d’Anthony Kavanagh, Maxime et Bruno Salomone. On a joué deux soirs à Bercy et je me suis dit que j’avais envie de faire ce métier, d’être sur scène. J’avais pris tellement de plaisir ces soirs là… Je ne savais pas que 6 ans après je reviendrais avec Céline Dion jouer 6 soirs.


Il y a une rencontre déterminante suite à tout ça, c’est celle avec Laurent Ruquier ?

C’est la rencontre la plus importante. Ça a été plus tard. Il m’avait repéré dans les « Coups d’humour ». C’était une émission qui passait très tard le soir, en troisième voire quatrième partie de soirée. Laurent était en tournée et il a dû me voir dans une de ces émissions. On ne s’est rencontré que deux ans après. Les « Coups d’humour », c’était en 2002 et 2003. La rencontre avec Laurent c’était en 2005.


Comment ça c’est passé ? Le téléphone sonne : « Bonjour c’est Laurent Ruquier. Je vous ai repéré, je vous aime beaucoup, je veux vous produire » ?


Non pas du tout. David Hardy, qui était un peu l’homme à tout faire de l’époque organisait un show case à Millau, qui est une étape importante, ça m’a permis d’avoir pas mal de dates en province pour des entreprises. Ça m’a permis de gagner ma vie. On avait loué une salle à Millau, rue de la Boétie. David a fait venir Laurent. Comme il m’avait déjà repéré, il est venu. Il cherchait des imitateurs pour son émission « Vos imitations préférées ». J’ai été pris, j’ai fait l’émission, ça a commençait comme ça.


La belle histoire continue. Tu es sur la route depuis plus de deux ans non stop. Le succès est grandissant. Les prix aussi. En 2008, prix du coup de coeur du jury au festival d’humour de Saint Gervais. C’est une première reconnaissance, c’est quelque chose qui reste j’imagine ?


Oui, Saint Gervais était une date extraordinaire pour plein de raisons. Le public était vraiment extraordinaire. C’est un tout petit festival donc l’ambiance est formidable. J’y ai rencontré mon nouveau metteur en scène Arnaud Lemort, que j’avais rencontré sur les plateaux de Laurent. Je le connaissais de vue mais je ne savais pas trop ce qu’il faisait. A Saint Gervais, j’avais envie de muscler le spectacle, d’aller encore plus loin dans l’humour. Il y avait le côté performance vocale mais aussi parodie. Je voulais aller encore plus loin. Cette rencontre avec Arnaud a été déterminante pour cette nouvelle formule du spectacle.


D’après toi, quel est le passage sur scène qui a fait mouche, qui a fait que ton nom a circulé, que tu as obtenu le prix de Saint Gervais ? Est-ce que tu sens que quelque chose a accroché plus rapidement ?


Ça dépend des personnes, c’est toujours assez subjectif. Ça dépend aussi des soirs. Ce qui revient, pour certaines personnes c’est Jacques Brel, d’autres le Ave Maria, d’autres la guitare électrique. Ça dépend des gens. Mais je crois que c’est le fait que le spectacle soit un véritable concert, en live avec de vrais musiciens. Ça fait deux ans qu’on tourne avec cette même équipe qui est très soudée, très forte. Cette complicité se ressent aussi sur scène. C’est toute cette équipe, à la production, à la technique, sur scène avec les musiciens, les auteurs, la mise en scène, c’est vraiment un tout.


Pour ceux qui n’ont pas vu le spectacle, tu peux nous raconter ce que tu fais sur les séquences nostalgie d’Edith Piaf ou de Jacques Brel, qui sont des moments forts ?


On travaille sur l’image. Il y a un écran géant et on retrouve certains artistes. Parfois c’est plus dans l’esprit d’un hommage, pour des artistes disparus ou de grandes légendes. Parfois, c’est plus du détournement d’images, pour des artistes plus récents comme Christophe, Julien Doré.


Je voulais m’arrêter sur un autre moment fort de ta jeune carrière, ce sont les premières parties de Céline Dion. Ce n’est quand même pas donné à tout le monde ! Tu as eu la chance de faire la première partie de Céline Dion dans les plus grandes salles de France et d’Europe.


C’était complètement improbable. Je me souviens encore quand on m’a parlé de cette éventualité. C’était un samedi après midi, on m’appelle et on me dit que Gilbert Coullier, le tourneur et producteur de Céline Dion pour la partie européenne, me pressent pour faire partie de sa première partie. J’ai pensé que c’était une blague. Ça parait complètement fou. Finalement, c’est Laurent qui m’a annoncé que ça avait été validé, que j’allais faire la première partie de Céline Dion. En fait, Gilbert Coullier est venu dans les bureaux de Laurent Ruquier pour faire tourner Marie Laforêt, que Laurent produisait, dans l’optique de faire une tournée en province. Finalement ça ne s’est pas fait. Et Laurent lui a parlé de moi, il lui a donné une démo en lui disant que je serai à l’européen de novembre à décembre 2007. Il n’a pas pu venir mais c’est resté dans sa tête et quand l’équipe de Céline Dion cherchait une première partie, il a pensé à moi, un imitateur qui chante. C’est incroyable !


Tu as vu et côtoyé Céline Dion. Elle a pris le temps de venir te parler, t’écouter ?


C’est une personne incroyable. Elle est d’une humilité hallucinante, elle pourrait vraiment donner des leçons de simplicité à plus d’un. Je l’ai rencontré à Bercy et c’était incroyable. J’ai eu le droit à un beau bouquet de fleurs avec un petit mot de sa part et de son mari. C’était pour la première à Anvers en Belgique. Elle est d’une générosité hallucinante.


Comment fait-on pour retomber dans la routine de la tournée quand on s’est produit plusieurs soirs d’affilé devant 18 000-20 000 personnes ?

C’est très simple. Avec Céline Dion, j’étais seul sur scène avec des bandes son et j’avais envie de retrouver mon équipe, tous les musiciens. On a récolté les fruits de cette tournée puisqu’on a retrouvé beaucoup de personnes qui m’ont vu en première partie de Céline Dion, et qui sont venus après sur des dates de tournée en province ou au Bataclan. Ça n’a pas été dur de quitter les grandes salles mais son équipe à elle, parce que j’ai été accueilli comme si je faisais partie intégrante du show. Son équipe technique est à son image, d’une grande générosité ! Le premier soir j’étais mort de trac et de trouille. J’étais super stressé, je n’arrivais presque pas à chanter pendant la répétition. C’était une scène centrale donc j’étais entouré de gens. C’était une production américaine-canadienne donc les gens parlaient anglais. L’après midi a été dur. Et le soir tout c’est bien passé. Le lendemain, toute l’équipe, les réalisateurs, le mec des lumières qui avait passé du temps à me faire une lumière particulier sont venus me voir. Ça m’a vraiment touché. Il y a eu 12 dates et le plus dur a été de quitter son équipe.


Pour parler de tes points forts, tu es le seul à imiter certaines voix aujourd’hui en France, des voix qui vont de Raphael, Grand corps malade, Mathieu Chedid, Julien Doré… L’inspiration vient de ce que tu entends à la radio, des artistes que tu aimes avant tout ?

Ça peut être des artistes que j’aime, des artistes que j’ai écouté à la radio, ou l’actualité musicale qui me pousse à travailler quelqu’un. Il n’y a pas vraiment de règle. Ça peut aussi être Laurent Ruquier qui me le demande. Il n’y a pas longtemps, j’ai reçu un texto d’un artiste qui s’appelle Sliimy, qui n’est pas encore très connu mais qui devrait marcher à mon avis, c’est un mélange de Prince, Michael Jackson et Mika en même temps. Il a une voix très particulière et c’est un personnage. J’ai téléchargé les titres légalement, j’ai commencé à travailler. Ça peut être quelqu’un qui va être un grand carton. Ça a été le cas pour Mika, pour Renan Luce, Christophe Maé, Christophe Willem. Et je peux être au volant de ma voiture, je tombe sur AC/DC, ça faisait longtemps que j’avais envie de les avoir dans le spectacle mais je n’arrivais pas trop à les faire. Un après midi, avec le groupe à la répétition, on a joué « Highway to hell » et on a pris beaucoup de plaisir. On s’est dit qu’on allait le mettre dans le spectacle, ça peut aussi se passer comme ça.


Dans l’approche, quand tu te plonges dans une voix, il y a plusieurs choses à travailler. Il y a la tessiture évidemment. Tu travailles ça comme un cours de chant, en répétant jusqu’à la perfection ?

J’essaie de m’imprégner au maximum. Je vais presque me gaver d’écoute de la voix de la personne. Quand on aime l’artiste c’est plus facile ; c’est pour sentir l’emprunte vocale. Après, j’essaie de m’enregistrer ou je fais écouter la voix à mon entourage et je leur demande ce qu’ils en pensent. Le travail se passe comme ça. Ça peut aussi être beaucoup de visionnage de vidéo, de DVD, aller aux concerts pour voir les artistes et essayer de retrouver l’ambiance. Il n’y a rien de mieux que de rencontrer l’artiste et de le voir sur scène.


L’autre partie du travail est l’apparence physique, avec les tics, les attitudes. J’adore sur scène quand tu fais Christophe Willem, tu ne te tiens pas de la même manière que quand tu fais Raphael. C’est un malin plaisir ? Il faut être très observateur ?

Il faut choper le petit truc même si je ne travaille pas beaucoup l’apparence physique. Je pourrais travailler autant que je veux, je ne ressemblerais jamais à Ray Charles. Mais il va se balancer, il a quand même des trucs particuliers ; il faut retrouver ça. C’est le travail de la vidéo et la documentation.


Ce spectacle te permet aussi de rejoindre ton rêve parce que c’est un vrai concert. C’est ça qu’il faut dire. Tu es en live avec quatre musiciens autour de toi, le public, et ça joue non stop !


Oui. C’est un vrai concert. Mais on n’aurait pas pu parler de musique, « J’aurais voulu être un chanteur » et arriver avec des bandes son. Ça ne serait pas logique. On a fait le pari de mettre dès le démarrage une équipe de très bons musiciens, Silvio marie, Franck Ridacker, Nicolas Caumon, Etienne Guereau. Quatre excellents musiciens, des amis, une complicité sur scène. C’est un groupe plus qu’un orchestre. Je serais triste d’être seul sur scène. Là je suis avec mon équipe et je suis bien.


On sait que Céline Dion travaille sa voix. Avant un concert, elle peut ne pas parler pendant une semaine pour la préserver. Ta voix est aussi très sollicitée. Il faut être très vigilant sur la santé de tes cordes vocales ? Il faut travailler quotidiennement ?

J’essaie d’avoir une hygiène de vie assez clean. J’essaie de dormir beaucoup mais c’est difficile, en tournée on se couche tard. On se lève tôt pour partir à un autre endroit. Mais je ne fais pas d’excès, je ne bois pas trop d’alcool. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. J’enlève même le rhum dans le baba, comme on dit dans le spectacle. J’essaie de faire attention. Je me couvre la gorge, je fais attention à ne pas attraper froid.


Tu prends des cours de chant ?

J’en ai pris une dizaine avec Armande Altaï. Je pense que j’en ai encore besoin. Je n’ai pas fini d’apprendre. J’ai envie d’apprendre la véritable technique lyrique. Moi c’est du bricolage, je n’ai pas de véritable technique de voix, j’essaie de reproduire. Je suis le bricoleur du dimanche avec ma voix. J’essaie de retrouver des sons en bricolant. Ce n’est pas une véritable technique. J’aimerais apprendre la véritable technique pour me poser sur des bases solides.


Qu’elle est l’imitation que tu préfères faire ?

Ça dépend des jours. Je prends beaucoup de plaisir à faire le duo McCartney et Ray Charles. En ce moment, c’est AC/DC. C’est tellement peu courant de le voir sur scène chez des imitateurs. C’est un morceau super festif. Je pensais que ça aurait du mal à passer mais finalement ça touche tout le monde, même les grands-mères. Elles bougent leur tête sur AC/DC. Il y aussi le moment avec Jacques Brel.


Il faut dire que dans la salle le public est jeune. Il y a de tous les âges, c’est très fédérateur. On retrouve Edith Piaf et Christophe Maé, Jacques Brel et Mathieu Chedid. Mais il y a vraiment un accrochage sur la jeune génération, c’est ce qui fait ta particularité. Ça attire forcément un jeune public !

J’ai 24 ans, ça serait dommage de ne pas être témoin de ma génération et de ne faire que des anciennes voix, qui ont été souvent imitées pour la plupart. Ce qui est intéressant c’est de retrouver des artistes comme Renan Luce, BB Brunes, Christophe Maé, Christophe Willem, Julien Doré, Mika… On essaie de retrouver cette nouvelle génération.


Ça fait quoi de filer un coup de vieux aux autres imitateurs ?


Je ne sais pas si je leur file un coup de vieux mais comme je ne voulais pas être imitateur, je n’ai pas cette culture de l’imitation. Je n’ai pas connu Thierry Le Luron, j’avais deux ans… Je n’ai pas connu tout ça. Comme c’est la musique qui m’a amené à l’imitation et non pas le contraire, je me suis retrouvé à faire des gens que j’écoutais et après des gens de l’actualité.


Est-ce qu’il y a un rêve, une voix que tu n’arrives pas à chopper et que tu travailles depuis des mois ?

U2. Mais je ne suis plus très loin de Bono et j’espère pouvoir le mettre dans la prochaine version du spectacle. Bénabar aussi. Je me suis mis à le retravailler et j’ai peut être encore une piste. Des voix qui sont très loin et que je n’aurai peut être jamais, c’est la voix de Sting et Stevie Wonder. Et celle de Gainsbourg.


C’est bien parti, le conte de fée dure depuis trois ans. Comment envisages-tu la suite ?


Pour l’instant, je souhaite continuer avec ce spectacle. Il y a plein de régions qu’on ne connait pas, plein de publics qu’on n’a pas rencontrés. Toute l’équipe a envie de tourner et d’aller à la rencontre du public. Pour l’instant, l’avenir est le spectacle, qui a mon avis a encore de beaux jours devant lui.


J’ai vu le spectacle trois ou quatre fois. J’ai remarqué que ce n’est jamais le même.


Ça évolue sans arrêt, au rythme de l’actualité musicale. Ça bouge. J’en ai besoin, je ne peux pas m’installer. Là ça fait deux mois qu’on n’a pas touché au spectacle, j’ai déjà envie de rajouter des choses. Je ne veux pas m’installer dans une routine. C’est aussi bien pour l’équipe qu’il y ait des nouveautés. Ça redonne de l’adrénaline sur scène, et ça permet de prendre plus de plaisir


Michael Gregorio, partout en tournée ! Merci Michael.

Merci.


Interview réalisée par A.M